Si c'était à refaire

Dédicace
Un peu de poésie
Un peu d'esprit
Trop de judiciaire
Livre d'or
Géométrie

Et nous vivons
Contre la mort,
Nous nous battons
Contre la mort

Nous luttons pour la vie

Paul Eluard

 

  2002 : Voilà 15 ans que ma famille a été dispersée à la suite d'une séparation.
Depuis ce temps là, indifférence et mépris, violences, insidieuses ou déclarées, ont occupé une scène judiciaire où mon existence et celle de mes enfants n'ont été que trop exposées.
La justice, attendue, fut bien trop absente de cette scène.

Je n'ai du de survivre qu'à la force de l'esprit : certainement pas à celui du droit, peut être à celui du dieu lointain de l'enfance, mais plus probablement à celui né du parcours parmi les hommes et les femmes, bien vivants, parmi mes enfants, mes amis, mes auteurs préférés dont les écrits me vivifiaient quand le droit assassinait ma famille. 

Mais, s'il se fait assassin, le droit ne régente pas pour autant la vie. Heureusement, dans son mouvement même, elle lui échappe.
Mon existence ne se résuma donc pas à la folie judiciaire qui régnait sur une partie d'elle comme sur un territoire occupé. Et quand il arrivait que le droit se taise enfin, l'écriture venait comme une compagne bienveillante. 

La non violence fut une découverte vitale.
Quelques stages sur le plateau du Larzac, de l'amitié, les lectures et l'étude attentive de quelques auteurs ont eu raison, à la longue, des moments de nostalgie qui me renvoyaient au lien religieux de l'enfance. Les uns et les autres m'ont aidé à inventer une vie et nourrir un esprit mieux à même d'affronter les contrariétés du destin.

Les échanges, dans la constellation des associations de la Condition Paternelle ou de l'Enfance, avec d'autres hommes et femmes vivant les affres de tourments semblables et devant affronter les mêmes combats, ont été un puissant moyen pour m'ancrer dans les réalités de mon existence. 

Si c'était à refaire ...

Bien sûr, je mènerais le même combat; c'était, et c'est toujours un combat pour la vie, il fallait donc le mener; et il faudra aussi à ceux et à celles qui nous suivent, le poursuivre encore, car il n'est pas terminé. 

Si c'était à refaire,
je mettrais encore mon espoir dans la justice car je crois cet espoir consubstantiel à la vie, mais je n'accorderais pas à l'institution, la confiance aveugle qu'elle réclame car je l'en crois maintenant indigne. 

Si c'était à refaire,
j'essaierais de fonder mes conduites sur la règle consistant à " ne jamais coopérer avec ses oppresseurs ", fussent ils du coté du droit, et d'assumer les conséquences de ce choix; j'accorde désormais une confiance raisonnée à cette idée, inscrite dans la philosophie de la non violence, et à ceux qui la portent. 

Je crains cependant que cette pensée soit bien peu répandue dans le milieu judiciaire, largement indifférent et aveugle à ses propres nuisances et oppressions.
Il importe donc de mon point de vue que les citoyens se saisissent de la question primordiale de la confiance à accorder à leur système de justice familiale, et,
à cette fin, se donnent les moyens nécessaires .

     
 

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