La Bélogue

Adresse aux dirigeants de la gauche du parti socialiste

dimanche 26 novembre 2017.

Chère et chers camarades,

La France est confrontée à l’issue des présidentielles et législatives de 2017 au gouvernement le plus droitier qu’ait connu la cinquième République.

Emmanuel Macron à la tête d’une coalition improbable de personnalités venues de la droite traditionnelle et du Parti socialiste s’attache à défaire avec méthode et brutalité le modèle social français.

Son ambition est claire : adapter la société française aux normes du capitalisme anglo-saxon, responsable en 2008 de la crise financière la plus grave depuis 1929.

Les Peuples européens continuent à en payer l’addition sous la forme d’une austérité permanente génératrice d’un chômage de masse et d’une pauvreté galopante. Partout, avec la bénédiction de l’Union européenne, les protections du salariat acquises de haute lutte reculent : flexibilisation du marché du travail, recul de l’âge de la retraite, remise en cause de la sécurité sociale, concurrence organisée entre les salariés européens par la directive sur les travailleurs détachés.

Crise sociale, crise démocratique, crise écologique se conjuguent que le néo-libéralisme ne peut qu’aggraver, ouvrant la porte à tous les dévoiements nationalistes autoritaires et d’extrême droite.
De ce point de vue, les premiers pas du gouvernement Edouard Philippe sont sans surprise sur la politique suivie : Cadeaux aux plus riches par la suppression de l’ISF, diminution des allocations logement, augmentation de la CSG, déconstruction du code du travail dans le prolongement de la loi El Khomry.

Les prochaines attaques se préparent au grand jour : Hold-up sur la sécurité sociale par le transfert des cotisations salariales maladie sur la CSG élargissant ainsi le champ d’action des assurances privées, étatisation de l’Unédic avec à la clé une baisse des indemnités de chômage.

Pour l’instant Emmanuel Macron ne rencontre aucune opposition crédible tant la gauche française est sidérée, fragmentée, divisée. Il avance sans rencontrer d’obstacles dans la mise en œuvre de sa « révolution », succession de contre-réformes, puisées dans le monde patronal et chez certains hauts fonctionnaires ayant perdu le sens de l’État.

La social-démocratie vogue de défaites en défaites, en France, en Allemagne, en Espagne car elle s’est convertie au social-libéralisme, oublieuse de son histoire et des valeurs qui la fondent.

Seuls le PS portugais et le Parti travailliste avec Jérémy Corbyn échappent à cette débâcle. Les socialistes portugais ont accepté une alliance avec la gauche radicale, desserrant le garrot austéritaire posé par l’ordo-libéralisme allemand. Bien leur en a pris, l’économie portugaise a repris des couleurs, ils viennent de remporter haut la main les élections municipales...


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