La Bélogue

52 personnalités de la finance plaident pour la taxe sur les transactions financières

jeudi 6 juillet 2017.

Cette tribune, publiée sur Challenge par des professionnels du secteur financier, a été adressée aux chefs d’état et de gouvernement des 10 pays européens travaillant à l’instauration d’une taxe sur les transactions financières. Cette taxe, élargie aux transactions au jour le jour (intraday), permettrait de récolter plus d’un milliard d’euros

Mesdames, Messieurs les chefs d’État et de gouvernement,

Fortes et forts d’une connaissance de première main et d’une grande expérience du secteur financier, nous vous engageons instamment à instaurer des taxes sur les transactions financières (TTF).

Ces taxes rééquilibreront les marchés financiers en rompant avec la mentalité court-termiste qui a contribué à leur instabilité dans nos pays. Elles pourraient en outre générer des recettes conséquentes.

Au cours des dernières décennies, l’activité des marchés financiers a considérablement augmenté et la valeur des transactions est désormais 70 fois plus importante que l’économie réelle mondiale. Les marchés financiers ont avant tout pour rôle de mobiliser les investissements, de répartir les ressources efficacement et de réduire les risques.

Cependant, une majeure partie de l’activité financière n’y contribue pas. À titre d’exemple, le trading haute fréquence effectué par des automates alloue les ressources sur la base d’algorithmes informatiques visant le profit à très court terme et il est avéré qu’il draine les liquidités en période de tensions, au moment même où on en a le plus besoin.

L’application de TTF, d’un taux de 1% sur chaque opération par exemple, découragera la spéculation à court terme, tout en ayant une incidence négligeable sur les investissements à long terme.

Réduire la volatilité

Certains craignent que les TTF ne nuisent à la croissance.

Mais de plus en plus d’éléments indiquent qu’en réduisant la volatilité, en injectant des liquidités à long terme et en mobilisant des recettes indispensables, elles auraient un effet global nettement positif.

Des détracteurs ont également prétexté, à tort, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne pour retarder ou suspendre les négociations sur les TTF afin d’inciter les sociétés financières londoniennes à s’installer en Europe continentale. En tant que professionnels du secteur, nous pouvons vous assurer que ces sociétés baseront leur décision de déménager ou non sur toute une série de facteurs indépendants d’une taxe européenne sur les transactions financières, d’autant plus que le Royaume-Uni applique déjà une taxe sur les opérations boursières.

Les TTF ont fait leurs preuves. De nombreux pays, y compris ceux qui présentent des marchés à fort potentiel et en pleine croissance, tels que le Royaume-Uni, l’Afrique du Sud, Hong Kong, Singapour, la Suisse et l’Inde, appliquent actuellement des TTF à des catégories d’actifs spécifiques, qui génèrent des milliards de dollars de recettes par an.

De nouvelles TTF, comme celles que vos dix pays s’apprêtent à instaurer, offrent réellement la possibilité de réhabiliter le rôle du secteur financier, tout en générant des recettes substantielles pour les populations dans le besoin de nos pays ou des pays les plus pauvres du monde.

Nous vous engageons, pour les raisons de stabilité, de résilience et de recettes présentées ci-dessus, à faire tout ce qui est en votre pouvoir pour mener à bien les négociations sur les TTF, afin que celles-ci puissent être mises en oeuvre dans les plus brefs délais.

Nous en avons la conviction : c’est une occasion à ne pas rater.


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