La Bélogue
Que sont les amitiés amoureuses ? - I

"Blog à Blog" entre Valclair et Idéaliste

A la recherche du vivre ensemble
samedi 7 mai 2011 par Paul FAICHE

L’amitié amoureuse n’est ni l’amour, ni l’amitié, tout en étant les deux à la fois. Cet entre-deux, pas vraiment balisé, est quelque chose de difficile à concevoir. Sa conception demande une "inventivité" d’autant plus exigeante que des schémas préétablis viennent la parasiter. Se départir des étiquettes n’est pas si facile ... Après une courte recherche, l’ami Google nous a donné accès à une conversation en "blog à blog", tenue en 2005 par les blogueurs Valclair et Idéaliste. Ce dialogue, dont les éléments sont réunis et publiés ici, est une approche du vivre ensemble au pays de « l’amitié amoureuse ».

Valclair - 23 novembre 2005

« L’amitié amoureuse »

J’ai lu ces jours derniers chez l’Idéaliste, qui est le grand spécialiste de ce genre de débat dans la blogosphère (amical sourire, cher Idéaliste), diverses considérations sur l’amour en ses diverses formes. Il y était question entre autres et dans le désordre, du désir, de l’état amoureux et de l’amour au long cours, de l’amour « altruiste »(?) et de l’amour besoin …

Il me semblait que manquait dans tout cela une autre modalité, ce qu’on pourrait appeler peut-être tout simplement l’amitié amoureuse.

L’amitié c’est une très belle chose, infiniment précieuse. Elle implique un échange assez profond et une confiance mutuelle partagée. Elle peut perdurer à travers tous les aléas de la vie, mais elle connaît nécessairement des moments où son intensité, les rapprochements qu’elle induit sont plus ou moins fréquents, plus ou moins riches. Elle peut aussi bien sûr s’étioler ou s’éteindre mais, quoiqu’il en soit, elle s’inscrit dans une temporalité au minimum assez longue.

L’amitié peut s’enrichir de tendresse partagée, de contacts plus ou moins poussés, plus ou moins accomplis entre les corps, s’auréoler de ce plaisir qu’on appelle à la légère physique comme disait une grande dame, bref se parer de tout ce qui peut la faire qualifier d’amoureuse.
- C’est une amitié comme une autre mais qui comporte ce plus (et quel beau plus !) d’impliquer les personnes dans leur entier, sans les saucissonner comme le fait trop notre culture judéo-chrétienne entre l’âme noble et le corps méprisé.
- C’est une amitié qui ne peut fonctionner qu’en se pensant sans exclusivisme, sans attente démesurée, dans le respect de l’autre et des liens auxquels chacun est attaché par ailleurs, favorisée par un minimum de distance et un contexte qui ne saurait être celui du quotidien.
- Elle n’est pas passionnée, certains pourrait penser que de ce fait elle n’est que tiédeur, qu’elle n’en vaut pas la peine. Ils auraient bien tort.
- Enfin peut-être est-elle le privilège d’adultes mûrs affectivement (enfin, à peu près, qui l’est jamais tout à fait !).

Oui ! peut-être, n’est-elle concevable qu’à une certaine étape de la vie, quand les passions de tous ordres se sont au moins en partie émoussées, il y a moins d’exaltation certes mais moins aussi de déconvenues cruelles ; oui ! elle est un privilège de la belle maturité, il nous en faut bien quelques uns de privilèges à nous jeunes croulants qui ne le sont pas encore trop…

Si nous la rencontrons, l’amitié amoureuse, sachons en jouir.

Idéaliste - 25 novembre 2005

« L’amitié amoureuse »

Le texte de Valclair aura hâté ma réflexion sur le sujet de l’amitié amoureuse, qui était finalement une des pistes vers lesquelles je m’orientais en parlant de confiance et d’amour.

Distinguer l’amour et l’amitié

Qu’est-ce qui différencie fondamentalement, dans l’acception commune, amitié et amour ?

A première vue : la sexualité. Mais celle-ci n’est qu’une conséquence, celle du désir, de l’attirance physique. Et c’est cette distinction qui fait qu’on se situe d’un côté ou de l’autre. Mais que dans une amitié le désir apparaisse réciproquement, avec tout ce qu’il peut impliquer comme dynamique, et l’amitié bascule vers un état amoureux : attirance, séduction, rapprochement. Nouvelle dimension de la relation. Ça pourrait être tout simple, aller de soi, et que cette aspiration au rapprochement physique soit suivie comme un élan naturel. Ce qu’elle est...

Mais le fait qu’il y ait une distinction culturelle nette entre amour et amitié peut nettement compliquer les choses.

Il y a parfois des barrières mentales à dépasser. Lorsque ce rapprochement survient entre deux "amis", il devient primordial de bien cerner ce que chacun entend par "amitié" et "amour". La plus redoutable difficulté est de le faire non seulement en conscience, mais aussi (et surtout ?) au niveau subconscient (pour autant qu’il soit accessible...) :

- Qu’est-ce que j’associe comme comportement, de façon "naturelle" et automatique, à ces deux formes de lien ?
- Quels sont mes aspirations ou mes peurs secrètes ?
- Quelles sont mes projections ?
- Est-ce que l’amour ne me paraît pas plus "engageant" que l’amitié ? Doit-il donner "plus" ?
- Quelle est ma position par rapport à l’idée d’attachement que véhicule l’amour ?

Amour d’amitié et amour-amoureux font partie d’un même continuum.
- Les deux sont basés sur la confiance, donc une forme d’abandon dans le partage de sensibilité.
- Les deux incluent une certaine solidarité et une évidente empathie.

Mais il existe une limite arbitraire au delà de laquelle s’arrêtent les ressemblances dans l’imaginaire commun.

L’amour (amour-amoureux), de façon assez générale, semble comporter certaines exigences particulières dont il est difficile de dire si elles sont innées ou acquises culturellement.
- L’exclusivité (sentimentale et/ou sexuelle) en fait partie.
- La pluralité affective, généralement très bien tolérée en amitié - considérée comme non désirante - est quasiment proscrite en amour.
- Le désir, élément de distinction entre les deux sentiments, semble être attendu comme étant exclusif. 

La prolongation d’une grande amitié vers le partage intime de tendresse ou de sexualité n’a pas de place officielle. Elle n’a même pas de nom. L’amour autorise d’autres amitiés, mais pas d’autres amours (sans même parler de l’état amoureux-désirant-fusionnel, incompatible au pluriel).

Alors l’amitié amoureuse, cet entre-deux, complique les choses. Ce n’est ni l’un, ni l’autre, tout en étant les deux à la fois. Donc quelque chose de plus difficile à concevoir.

Valclair aborde ainsi l’amitié amoureuse : 

« L’amitié peut s’enrichir de tendresse partagée, de contacts plus ou moins poussés, plus ou moins accomplis entre les corps, s’auréoler de ce plaisir qu’on appelle à la légère physique comme disait une grande dame, bref se parer de tout ce qui peut la faire qualifier d’amoureuse.
C’est une amitié comme une autre mais qui comporte ce plus (et quel beau plus !) d’impliquer les personnes dans leur entier, sans les saucissonner comme le fait trop notre culture judéo-chrétienne entre l’âme noble et le corps méprisé. »
.

Il fait directement allusion à ce conditionnement culturel qui n’associe la sexualité (et tout ce qui peut s’en approcher) qu’à l’amour fidèle dans un but de procréation familiale, de préférence hors de toute luxure à tendance "animale". Les mentalités ont beau avoir évolué, le conditionnement reste sous-jacent et nous imprègne.

Une nécessaire maturité

Valclair remarque aussi, tout à fait justement : « Enfin peut-être est-elle le privilège d’adultes mûrs affectivement (enfin, à peu près, qui l’est jamais tout à fait !). »

Je sais, pour l’avoir douloureusement vécu, que cette maturité affective est une condition sine qua non pour bien vivre l’amitié amoureuse. J’ajouterai qu’il importe que le degré de maturité des amis-amoureux soit à peu près équivalent. Parce que le concept demande une "inventivité" du fait qu’il n’est pas vraiment balisé. Ce travail ne va pas de soi et exige un fort engagement pour ne pas s’égarer trop d’un côté ou de l’autre des sentiments repères. Des schémas préétablis viennent en effet parasiter cette recherche. Se départir des étiquettes n’est pas si facile qu’on peut le souhaiter...

La complexité est de trouver la voie médiane qui correspond aux deux partenaires. D’autant plus que l’état amoureux naissant, bien que prolongement de l’amitié, a une caractéristique typique de l’amour-amoureux traditionnel : désir temporaire de "fusion" lorsque la découverte de l’autre est un élan partagé. Il semble que cette étape de fusion (attirance, séduction, et désir partagés), variable selon les couples, est inévitable. C’est un des plus puissants élans que la vie peut offrir, et il serait dommage de s’en priver. Toutefois un élan est un mouvement, pas un état stable. 

Tout va se compliquer lors de l’inéluctable fin de ce mouvement ... Car il y a peu de chances que les deux en sortent simultanément. L’un des deux, forcément, va progressivement reprendre son autonomie, laissant l’autre suspendu dans quelque chose qui n’est plus. La défusion est toujours un processus délicat, parce qu’elle peut créer une inquiétude, et souvent une souffrance. Ou encore de la culpabilité à "abandonner" l’autre. Si la poursuite du lien d’amitié est souhaitée, l’idéal voudrait que ce soit un moment de grande complicité pour effectuer la transition vers un autre chose, encore à inventer : la phase mature de l’amitié amoureuse. Probablement la plus intéressante : celle ou chacun reprend son individualité... tout en conservant cette dimension amoureuse et désirante d’une amitié pleine et entière.

Défusion à haut risque

Il y a là un écueil majeur, dont il faut bien mesurer toute la dangerosité. Car les sentiments en jeu sont forts, et la confiance de l’amitié antérieurement construite y est jointe. Si l’amour se blesse, l’amitié pourra aussi en être blessée. Et si l’amour meurt... qu’advient-il de l’amitié ? 

Deux tendances peuvent apparaître : évolution solidaire, ou évolution solitaire. 

- La première s’inscrit dans un dialogue approfondi, confiant et respectueux de l’autre et de soi, pour passer cette étape. Echange placé sous le signe de la plus grande franchise, afin de ne pas laisser de zones d’ombre s’installer. La part "amitié" devrait alors reprendre le dessus, afin de se dégager de trop de sentiments amoureux parasites. 
Mais le cap peut-être difficile à passer (je parle d’expérience...), parce qu’entrent en jeu des névroses restées jusque là inaperçues, ainsi que des tensions peu propices à une communication sereine. L’amitié est malmenée. Ce "choc des névroses" peut mettre en présence deux individualités sous un jour inconnu. Il s’agit alors d’étrangers l’un à l’autre, ce qui ne simplifie pas le contact en confiance... 

- La seconde option, lorsque le dialogue devient impossible, peut être d’envisager un nécessaire éloignement, le temps de retrouver individuellement un équilibre.

Dans une relation amoureuse "classique", la défusion mène soit vers un éclatement du couple, soit à une évolution vers une autre forme d’amour, mature. A la longue il y a une stabilisation qui s’opère. 

En amitié amoureuse, le risque de séparation est lourd de conséquences, puisque c’est aussi l’amitié qui est en jeu. Perdre simultanément l’amour et l’ami(e) deviendrait une épreuve particulièrement traumatisante, avec des conséquences potentiellement lourdes à très long terme à cause de la confiance mutuellement investie. L’idée de trahison n’est pas loin, préjudiciable pour le restant de vie. La meilleure transition en vue d’un apaisement est probablement une prise de distance, une phase de statu quo. Et laisser la confiance reprendre sa place après "reconstruction" de chacun.

Vivre l’amitié amoureuse

Quoi qu’il en soit, le propre de l’amitié amoureuse étant la liberté relationnelle, elle se différenciera largement de l’amour au sens classique avec cohabitation et partage du quotidien. L’amitié amoureuse, passé le temps de la fusion initiale, est placée sous le signe des contacts espacés. On ne prend que le meilleur de l’autre, chacun gérant sa vie de façon autonome. On peut y voir une forme d’égoïsme, dont il n’est pas dénué, si on lui ôte toutefois sa connotation péjorative. C’est une forme d’amour où chacun se sent responsable de soi, sans dépendre d’un autre pour satisfaire les besoins de son égo. De fait elle demande un égo fort, et une importante confiance en soi. On peut aussi l’appeller autonomie, indépendance, quoique la co-dépendance existe toujours à différents degrés.

L’amitié amoureuse repose donc sur une sorte de paradoxe : solitaires et solidaires.

C’est là que la nécessaire maturité mise en avant par Valclair prend toute son importance, ainsi que la relative similitude du niveau de celle-ci entre des deux partenaires. Sinon le plus mature des deux, le plus au clair avec ses besoins et limites, le plus expérimenté dans l’amour autonome montrera un important décalage. Une "avance" dans la prise de conscience de soi. Son travail préalable, long processus ayant abouti à se défaire largement des schémas préétablis, lui donne un avantage dans l’assurance, et plus encore si l’expérience a déjà balisé les chemins hasardeux et les fausses pistes. Le décalage peut alors être grand avec le novice (que j’étais) confronté à une masse de concepts à décortiquer, et finalement submergé par la complexité de l’ensemble, quelle que soit la volonté d’y parvenir. On ne se défait pas aisément d’habitudes, de comportements et de "modèles" inconscients acquis depuis l’enfance.

Valclair écrit « Si nous la rencontrons, l’amitié amoureuse, sachons en jouir. »

L’amitié amoureuse est effectivement quelque chose de rare et précieux. Probablement d’autant plus "fragile", d’ailleurs, puisque combinant un double enjeu. Je crois qu’il ne faut pas sous estimer la vraie maturité que cela demande. Hélas, il faut aussi en passer par l’expérience pour savoir ce qui va se réveiller dans ces circonstances particulières. Mais si le passage de la défusion est réussi, j’y vois une magnifique façon de partager une amitié dans des dimensions dont elle est habituellement privée. Une amitié "sans limites" particulièrement enrichissante. J’y vois aussi une façon de maintenir toujours vivants le désir et la séduction du fait de la grande liberté de chacun des partenaires. Cela reste, pour ma part, un mode de relation qui a toutes mes faveurs.

Qu’on ne s’y trompe pourtant pas : cela reste un défi.

Valclair - 15 Décembre 2005 Retour sur « l’amitié amoureuse »

L’Idéaliste dans sa dernière entrée nous invitait à réfléchir sur la dépendance amoureuse en nous proposant d’écouter une récente émission de France inter là dessus. A vrai dire je n’ai pas eu le temps d’aller écouter, mais la phrase qui présentait un des bouquins accompagnant l’émission me paraît des plus sensées : « Et si la dépendance amoureuse n’était pas de l’amour, mais de la dépendance ? Et si, en amour aussi, il fallait grandir pour pouvoir passer de la dépendance à l’individuation ? ».

Et ça m’a donné envie de revenir un peu sur l’amitié amoureuse. L’Idéaliste avait prolongé ma propre entrée sur le sujet, analysant mes mots quasiment comme dans un commentaire de texte ! J’y avais retrouvé beaucoup de choses que je pense et en tout cas cette façon partagée que nous avons de valoriser ce mode de relation et de souhaiter pouvoir le vivre. Mais aussi quelques points sur lesquels il me semble que je diverge. J’avais eu envie de commenter sur le moment mais j’ai laissé passer comme souvent. Alors puisque sa dernière entrée d’une certaine façon m’y ramène, voici :

Une relation d’amitié amoureuse doit-elle obligatoirement passer par une phase plus passionnelle comme semble le dire l’Idéaliste, impliquant ensuite une « défusion » avec tous les risques qu’elle comporte ? Doit-elle au moins partir d’une vive attirance à priori des corps ? Moi je ne crois pas. Il me semble qu’elle peut se bâtir à partir de la relation d’amitié elle même, en être pensé comme le beau complément, ne pas être à priori portée par le désir. Il peut y avoir même quasiment une pointe de volontarisme : on se sent bien ensemble, en complicité, on ne ressent pas spécialement l’attirance des corps, on peut avoir envie d’aller vers elle pour accomplir la relation, faire qu’elle s’épanouisse dans toutes les dimensions possibles. Bien sûr ça peut ne pas marcher et alors il faudra savoir s’arrêter à temps mais ça peut aussi marcher formidablement, le désir peut se construire, il peut se découvrir dans l’approche progressive, à partir des mots qui deviennent des caresses tendres, à partir des caresses tendres qui deviennent un plus vif désir puis la promesse de belles jouissances.

La condition il me semble pour que cela soit possible c’est bien que chaque partenaire entre dans la relation en l’ayant précisément bornée, hors dépendance amoureuse, en sachant qu’elle n’est qu’une annexe d’une autre part de la vie, d’une autre relation dont ni l’un ni l’autre des partenaires n’envisage la remise en cause. Elle implique aussi sans doute que les partenaires soient éloignés géographiquement dans leurs vies quotidiennes, que leurs rencontres soient peu fréquentes, qu’elles restent des parenthèses qui n’interfèrent pas ou peu sur le reste de la vie. Une trop grande proximité en multipliant les occasions, risqueraient beaucoup plus de conduire à la remise en cause des équilibres, à des dynamiques déstabilisantes.

Évidemment tout ça c’est un schéma, dans lequel de l’imprévu peut venir se glisser, remettant en cause les belles constructions rationnelles. Heureusement d’ailleurs que l’imprévu est possible et qu’il reste du risque, le risque c’est la vie !

Mais lorsque ça peut fonctionner ainsi dans l’harmonie et tant que ça le peut, qu’elles sont belles ces annexes, ces parenthèse, comme elles irradient tout le reste de la vie. Ce sont des annexes du point de vue de la durée, du temps passé ensemble par les « amis amoureux » mais elles sont centrales néanmoins dans leur économie de vie et de désir, elles sont de superbes suppléments d’âme à des quotidiens qui, sans elles, seraient bien plus difficiles à vivre.

Valclair, deux ans plus tard - 27 avril 2007

« Amitiés amoureuses »

J’ai envie de mettre amitié amoureuse au pluriel contrairement à mes deux autres entrées sur ce même sujet. Non pour dire que j’en ai beaucoup des amitiés amoureuses ! Mais plutôt pour insister sur le fait qu’il en est qui sont de nature bien différente et qui, l’une comme l’autre, sont des bonheurs.

Elles ont en commun d’être d’abord des amitiés, de s’appuyer sur l’échange intellectuel, sur la compréhension mutuelle et la confiance partagée, sans cela je crois que rien ne pourrait être. Elles se chargent de plus de cet aura de désir qui peut se nouer entre un homme et une femme.

Mais partant de là, il en est qui ont pu s’épanouir dans une maîtrise tranquille, moments d’échange dans le présent, sans questionnements difficiles et sans anxiété du devenir, moments parfaitement délimités, bornés par la distance, par le temps compté qui leur est réservé. Les affects y sont paisibles et la tendresse mutuelle peut s’y épanouir dans une relation sexuelle accomplie et réussie.

- Dirait-on dans ce cas de figure que c’est l’amitié qui domine ? L’aspect amoureux n’en serait-il que second ?

- Pourrait-on parler alors d’amitié sexuelle plutôt que d’amitié amoureuse ?

Il en est d’autres où ce qui compte d’abord c’est cette palpitation ténue dans le coeur dans l’attente de la rencontre, c’est la vibration permanente pendant le moment passé ensemble et c’est surtout, lorsque on se retrouve seul, que la personne s’est éloignée, ce petit pincement de l’absence qui est en même temps un plaisir (se sentir vivant) et une légère tristesse.

Pourrait-on dire que c’est ici l’état amoureux qui domine même s’il reste dans l’inaccompli (ou, qui sait, parce qu’il reste dans l’inaccompli !) ?


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