La Bélogue
Du boulot ! Du boulot !

La Galère du mariage pour tous

En pleine catastrophe du chômage et du naufrage de l’Europe, députés et sénateurs français discutent du sexe du mariage
jeudi 14 mars 2013 par Paul FAICHE

329 députés ont approuvé le projet de loi de « mariage pour tous » ; 329 députés dont les voix réunies au premier tour des législatives de 2012, représentent à peine 1/6 des électeurs. 329 députés qui ont voulu donner force de loi à un projet qui touchera l’ensemble des français, alors qu’il vise à la satisfaction des revendications de quelques milliers ou dizaine de milliers de couples homosexuels, dont seul un dixième, environ 10 000, accueille des enfants issus pour l’essentiel de la dé-composition des familles.
Les distorsions qu’introduisent les règles électorales de la Vième république s’ajoutent aux décisions politiques du gouvernement actuel et de sa majorité ainsi qu’à l’intox du parti des homosexuels, pour faire taire l’expression publique : absence de concertation préalable à l’élaboration de la loi, refus d’un référendum, irrecevabilité par le CES d’une pétition d’opposants au projet de loi, diatribe anti-opposant du sénateur rapporteur de la loi, violences verbales et outrances du parti des homosexuels ….
Ainsi, une minorité qui se prétend éclairée et se retrouve dans le parti des homosexuels veut imposer ses règles à tous les français, y compris au premier d’entre eux, le Président de la république, les embarquer de force dans la galère du « mariage pour tous » et de l’« adoption pour tous », et mettre le cap sur l’« assistance médicalisée à la procréation pour tous » pour atteindre à l’ile paradisiaque de la libre production d’« enfants orphelins » de pères ou de mères.

Pourquoi le « mariage pour tous » ?

Alors que le mariage est l’union d’une femme et d’un homme, pourquoi cette idée incongrue qui consiste à marier des personnes de même sexe ? Pourquoi cet irrespect absolu du mariage par des personnes qui exigent par ailleurs le respect d’elles mêmes pour leur orientation sexuelle ? Pourquoi cet encouragement du pouvoir politique de gauche à la révolte et à la violence ?
Pour l’égalité ? Vraiment ? Qui peut le croire ?

Dans la variété des revendications du parti des homosexuels, adoption, assistances à la procréation, mesures sociales et fiscales, mariage gay …, celles qui relèvent de l’adoption touchent potentiellement et directement tous les enfants placés [1] en familles homosexuelles ; les autres sources possibles d’enfants adoptables, circuits classiques de l’adoption et nouveaux circuits de la PMA et de la GPA, étant aujourd’hui très limitées et probablement appelées à le rester dans l’avenir.

Parce que les enfants portent l’avenir de tous, l’adoption est à l’évidence la revendication qui engage le plus en profondeur la société et les consciences personnelles et pose le plus question aux françaises et français. Pourquoi l’avoir subordonnée au mariage homosexuel ?

L’enfant peut naitre dans ou hors mariage [2], cela ne se pose plus aujourd’hui en ces termes, la question du mariage est seconde, voire même hors sujet pour beaucoup ; mais l’adoption est première.

Après le temps de la gestation et de la naissance de l’enfant, vient ensuite le temps de son adoption, celle que l’humanité commande, car quelle que soit la manière dont un enfant vient au monde, c’est le processus d’adoption, qui suit et transforme ses géniteurs en mères et pères, qui va garantir à cet enfant sa qualité de personne.

C’est sur ce modèle de « l’adoption en humanité » que se sont construites les « adoptions en droit », selon les cas simples ou plénières, et commandées par la loi.

Les lois de l’adoption ont été créées pour permettre à un enfant, privé accidentellement de parents, d’adopter une famille et de s’inscrire dans une filiation. L’« adoption en droit » supplée à la perte des parents et formalise une « adoption en humanité » qui la précède toujours.

Le brouhaha fait autour du « mariage pour tous » a maintenu dans l’ombre sa vocation à servir de véhicule à l’« adoption pour tous ».

Demain, le « mariage pour tous » bouleversera le schéma de l’adoption, en servant de véhicule à une « nouvelle voie d’adoption et de filiation » qui viendra s’ajouter à la voie existante.

Il s’agira moins, dans cette seconde voie, d’accueillir un enfant isolé, que de produire délibérément des enfants privés de père ou de mère, ou des deux, par leurs géniteurs ou par leurs commanditaires.

En réalité, cette filière, que les perspectives de PMA (assistance médicale à la procréation) et de GPA (gestation pour autrui) mettent en lumière, existe déjà : accouchement sous X, volonté de de faire famille seule, abandon de famille, décision judiciaire de garde exclusive ou de déchéance parentale ... ; de plus, elle est d’ores et déjà alimentée par la PMA et la GPA qui ignorent les frontières, et anticipent sur une légalisation revendiquée.

Le « mariage pour tous » pourrait donc venir abonder cette filière [3] , dont on connait déjà des toxicités certaines avec les nombreuses ruptures de liens parents-enfants que l’époque connait, [4] résultant de la montée des désunions, et y ajouter d’autres toxicités, tout aussi certaines, qui apparaissent déjà en Inde, en Ukraine, en Hollande ou en Belgique, avec les dérives marchandes de l’achat de semence masculine sur catalogue, de la location d’utérus, de la PMA pour toutes ... et prémisses de volonté politique de privatisation du mariage [5] ....

Mais aujourd’hui, la grande majorité des enfants potentiellement adoptables sont des enfants issus du dé-mariage et/ou vivant en famille mono-parentale.

- Rendre possible leur adoption, comme l’autorise le « mariage pour tous », équivaut à légaliser en catimini un statut du beau parent, sujet difficile, posé de longue date par l’existence des familles recomposées et des familles dispersées, et régulièrement attisé par des « socio-prophètes » de mauvaise augure.

C’est un sujet qui concerne tous les français et qui mérite mieux que d’être placé dans l’ombre que pose sur lui l’adoption par des couples homosexuels portée par le « mariage pour tous ».

Le statut du beau parent mérite, à lui seul, un débat tenu dans la clarté.

- Rendre possible l’adoption pour tous, c’est aussi prendre le risque, en ajoutant les enjeux de l’adoption à ceux de la garde, d’ajouter ou de créer sans raison des conflits avec des pères ou des mères d’enfants placés en famille recomposée homosexuelle ou non, ce qui serait proprement scandaleux. [6]

Ainsi, le projet de « mariage pour tous » sert il de camouflage à la question du statut de beau parent, de la même façon qu’il le fait pour l’adoption par les couples homosexuels, dont il est connu que les français y sont défavorables.

L’utilité du projet de loi du « mariage pour tous » tel qu’il se présente aujourd’hui, est avant tout politicienne, c’est de contourner l’opposition des français à l’adoption par des homosexuels, pour satisfaire une promesse présidentielle, qui elle, n’a pas été élue.

Le « mariage pour tous » pour voir les choses « en grand » et faire « sociétal »

Quelques centaines ou quelques milliers d’enfants adoptables, c’est peu et c’est un trop petit problème pour un grand dessein.

Alors, il va falloir changer d’échelle pour … « faire sociétal », car c’est l’importance d’un projet de loi qui fait l’importance d’un ministre. Et là aussi, le « mariage pour tous » va s’imposer comme le véhicule ad’hoc pour emporter, à coup sûr, l’adoption par les couples homosexuels.

Lier, au mariage homosexuel, l’adoption par des couples homosexuels c’est élargir le public visé par la loi à l’ensemble des couples homosexuels, 10 fois plus nombreux que les couples adoptants. Et puis, en passant de la revendication du « mariage homosexuel » au projet de « mariage pour tous », c’est étendre ce public à l’ensemble des 16 millions de couples français, 160 fois plus nombreux, et c’est atteindre à l’importance du « sociétal ».

Pourtant aucune évidence, même symbolique, n’imposait l’utilisation du mariage pour conduire à l’adoption par des couples homosexuels ou à la PMA pour tous ; le mariage ne constitue qu’un verrou secondaire pour ouvrir ou fermer les voies de l’adoption ou de la PMA ; ce sont respectivement les articles 346 du code civil et 2141 du code de la santé qui sont les premiers verrous pour commander ces accès ; il aurait été très simple d’agir sur ces verrous si l’évidence de leur nécessité s’imposait.

Mais Madame la ministre de la justice a préféré noyer le poisson de l’adoption par les couples homosexuels, et contourner la volonté des français en portant la bataille politique sur le verrou secondaire du mariage ; et elle a pratiqué, dans le même but, le principe du « diviser pour régner », en saucissonnant les sujets sociétaux, d’abord le mariage homosexuel, avec en catimini l‘adoption, puis plus tard, PMA et GPA.

C’est ainsi qu’en pleine bataille du chômage, alors que les forces néo-libérales mondialisées font le siège de la France et occupent le cœur de l’Europe, Mme la ministre de la justice a choisi de faire délibérer, très longuement, la représentation nationale sur la question du « sexe du mariage » et d’embarquer les français sur la « galère du mariage pour tous ».

C’est le privilège des grands que de vouloir faire de grandes choses … et de commettre de grandes erreurs.

Comment légitimer un projet de « mariage pour tous » dont la légitimité ne va pas de soi ?

Autrement dit, comment faire passer pour discriminées en matière de mariage des personnes homosexuelles qui ne le sont pas ; comment faire passer pour un droit le mariage, ce qu’il n’est pas ?

Que le parti des homosexuels veuille faire du « mariage gay » un droit qui leur serait dû, c’est de « bonne guerre » ; qu’une Ministre de la Justice fasse de même, c’est autre chose, c’est une tromperie avérée.

Alors, au travail d’intox du parti des homosexuels, va s’ajouter celui insistant de la subversion des principes républicains par la ministre elle même … pour « changer les mentalités ».

Le « mariage pour tous », un « droit pompon », un droit qui n’ « enlève rien »

Est ce que l’on dit j’ai un mariage, tu as un mariage ? Non ! On dit je suis marié, tu es mariée. Le mariage n’est pas de l’ordre de l’Avoir, mais de celui de l’Etre ; ce n’est pas un droit, mais c’est une liberté encadrée, par le droit.

Et c’est une liberté singulière, non pas au sens de la liberté individuelle républicaine dont nous héritons à la naissance et qui consiste à « pouvoir tout faire, sauf ce qui nuit à autrui », mais au sens d’une « liberté partagée dans l’égalité et le respect », faute de quoi le mariage se réduit à une domination.

Mais pour pouvoir revendiquer l’égalité en droits, légitimante, de l’article premier de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », il faudra à Madame la Ministre :

- postuler implicitement que la différence homme-femme n’a plus de légitimité, ou d’« utilité commune » selon la formulation de la déclaration des droits de l’homme ou du citoyen. [7]

- faire du « mariage pour tous » un droit ; un « droit pompon », un droit qui se décroche, comme un pompon virevoltant sur un manège tournant.

- dire de ce droit qu’il n’enlève « rien » à ceux qui l’ont déjà. Etonnant ce « rien » là, ce « rien » en forme de massue symbolique destinée à « tuer » toute opposition, pour la réduire à « rien » ; curieux un droit qui « n’enlève rien » mais qui « change tout ».

- dire du mariage qu’il est une discrimination, ce qu’il n’est pas, pour justifier d’appeler à la rescousse la sacro-sainte « égalité républicaine », alors que le mariage est ouvert à tous ceux qui en respectent les règles, homosexuels compris.

Contre une discrimination inexistante, un oxymore : l’ « égalité des genres »

Il faudra alors à notre ministre hurler à la discrimination en choeur avec le parti des homosexuels, car il faut répéter à satiété que le mariage est une discrimination insupportable faite aux homosexuels pour :

- Bien enfoncer le clou de l’homosexualité discriminée et exiger l’égalité ;

- Faire croire à tous les français que le « mariage pour tous » est un parachèvement de l’œuvre égalitaire républicaine en matière de mariage, une forme d’apothéose et non une dérive de cette conquête ;

- Justifier de faire de la liberté commune de se marier, une liberté abstraite, désincarnée et asexuée ;

A cette fin, notre ministre de la justice va donner à l’égalité un sens différent du sens commun, et inventer implicitement une très paradoxale « égalité genrée » .

C’est en cela que la légitimité bruyamment revendiquée du « mariage pour tous » ne va pas de soi.

L’idée d’égalité républicaine s’épanouit dans les esprits au siècle des lumières, elle s’éprouve à partir de la révolution de 1789, au moins pour les français, et restera pour de longs siècles encore, probablement, une figure inachevée, en dépit du rêve de parachèvement de Mme la ministre.

L’égalité républicaine s’exerce dans l’ordre du social et du politique ; elle renvoie au désir de mettre fin aux privilèges d’une société d’ordres, inégalitaire, dont on voit bien aujourd’hui qu’elle se reconstitue sous nos yeux, depuis les années 70, et qu’elle nécessite un combat permanent, que le gouvernement actuel, timoré, déserte en partie.

L’égalité revendiquée par le parti des homosexuels, l’ « égalité genrée », n’est pas de même nature que l’égalité républicaine.

L’ « égalité genrée » s’exerce dans l’ordre du genre ; sa visée est d’annihiler la différence homme femme, de déconstruire le mariage, de dominer le sens commun et républicain et d’asseoir cette domination nouvelle par la diffusion d’un catéchisme « genré » sous couvert de laïcité.

La passion subite et paradoxale pour l’égalité de ce parti des homosexuels, succède à une cinquantaine d’années d’affirmation de la différence homosexuelle.

Cette passion là ne renvoie pas à une société moins inégalitaire, mais elle instrumentalise l’égalité et vise à établir une société « égalitariste », faite d’enviés et d’envieux, rongés par « l’envie du même », mère de la cupidité, ce en quoi elle résonne et s’accorde avec les tendances néo-libérales à l’œuvre actuellement dans les domaines sociaux et économiques qui s’insinuent, hélas, jusque dans les partis de la gauche.

L’égalité à la mode homosexuelle ressemble à cette passion de l’égalité dans les émoluments qui anime les patrons du Cac 40 et qui les aspire au firmament des rémunérations sans limite.

Le tour de passe-passe du « mariage pour tous »

Le tour de passe-passe du « mariage pour tous », car il y en a bien un, consiste à le dissimuler derrière l’égalité, à faire passer, silencieusement, l’égalité républicaine depuis le champ de l’ « ordre social et politique » où les français l’attendent, à celui de l’ « ordre des genres », étranger à la compréhension de la plupart des français et du droit, où personne ne veut le voir. Pour les français et pour le droit, l’ « égalité genrée » reste un OVNI.

Ainsi, une « égalité en droits » réduite à un « même », à une « identité des droits », permettra :

- de justifier l’assimilation d’un couple homosexuel à celui formé par un homme et une femme ;

- d’inventer un mariage uniforme qui fait un « rien » de la différence entre une femme et un homme ;

- un « rien » qui fait aussi un « rien » de la violence symbolique que porte cette assimilation, véritable coup de Trafalgar dont l’égalité homme – femme ne saurait venir à bout, et dont il suffira au parti des homosexuels de se purifier en la jetant à la face d’autrui :

Et va donc Homophobe ! (emploi généralisé par les homosexuels et les médias)
Et va donc Masculiniste ! (emploi récent par les mêmes ),
Et aussi Menteurs, Hypocrites, Egoïstes ! …expressions de la vindicte ministérielle adressée à ses opposants lors de son discours inaugural devant les députés.

C’est ainsi que Mme la ministre de la justice, cédant et récompensant la violence, a habillé les envies et la vindicte du parti des homosexuels avec les bonnets phrygiens de l’égalité, empruntés au magasin des accessoires républicains, et que, par la grâce de son verbe, elle a fait taper du pied une armée de godillots passée à gauche, alternance oblige.

Le « mariage pour tous » est une machination politique qui vise à la dérégulation des moeurs familiales

Loin de faire œuvre égalitaire, le « mariage pour tous » ajoute sa pierre à la dérégulation des mœurs familiales et met l’institution du mariage plus en péril qu’elle ne l’est déjà. [8] La montée des libertés et de l’égalité dans les couples va avec celle des conflictualités, questions dont le législateur s’est toujours défaussé sur la justice .

L’histoire a montré abondamment depuis 30 ans que les dérégulations accompagnant la contre-révolution libérale, qui se produisent toujours avec celles des moeurs, ne tiennent généralement pas leurs promesses, quand elles n’aboutissent pas à l’exact contraire du but visé.

L’exemple de la dérégulation de la finance montre que la gauche des années 80 a joué les apprentis-sorciers, croyant incarner un progrès, et qu’avec l’exemple actuel du « mariage pour tous », elle est prête à recommencer le même jeu.

La particularité de la gauche des années 2012 et suivantes, probablement, est de se montrer plus attentive et généreuse pour les « sans mariage », les « sans bonus » que pour les « sans papier », les « sans domicile », les « sans emploi », et tous les autres « sans droit » qu’ont créés 30 années de contre révolution libérale à laquelle la gauche s’est associée pleinement.

Le « mariage pour tous » est une machination politique en même temps qu’un cadeau électoral fait au parti des homosexuels, qui n’en demandait sans doute pas tant, lui qui militait, depuis des années, pour un « mariage gay » pour faire valoir ses envies égalitaires en matière de droits sociaux et fiscaux, pensions de réversion, droits de succession … dont le PACS était le véhicule tout désigné.

Avant que cette machination n’opère tous ses méfaits et crée une situation dans laquelle le « mariage pour tous » viendrait dissoudre la majorité présidentielle, il vaudrait mieux que la majorité présidentielle prononce la dissolution du « mariage pour tous », dénoue les conflits profonds que ce projet soulève et noue, et recentre le débat sur la seule question importante, parce qu’elle est d’intérêt général contrairement au « mariage gay », celle des « enfants orphelins » et de leurs droits, celle des devoirs de la justice familiale, celles de l’éthique de l’assistance médicale à la procréation .

Mais que diable le candidat à la présidence de la république est-il allé faire dans cette galère !

[1Selon une enquête de l’Ined, le nombre d’enfant vivant en famille homosexuelle est estimé à environ 30 000, alors que les associations de parents homosexuels avancent un chiffre 10 fois plus élevé.

[2Depuis 2007, le nombre d’enfants nés hors mariage a dépassé celui des enfants nés dans le cadre du mariage ; en 2011, cette proportion atteint 56% contre 37% en 1994 ; dans le même temps, 8% des naissances sont déclarées « sans père »

[3En 2011, on estime qu’1/4 des enfants de moins de 18 ans, soit 3 millions, ne vivent plus avec deux parents ; A supposer qu’ils soient également distribués dans les familles monoparentales (16%) et recomposées (9%), il seraient 1,8 millions à vivre en famille monoparentale et 1,2 millions à vivre en famille recomposées, ces derniers devenant potentiellement adoptables dès lors que le droit d’adoption est reconnu au beau parent. C’est donc un vivier beaucoup plus large que celui ouvert à la filière de l’adoption classique qui représentait bon an mal an environ 4000 enfants, mais qui est en void de diminution accélérée, environ 2000, moitié moins, en 2012.

[4Aujourd’hui, selon les données de l’Ined, 1/3 environ des enfants de 22 à 34 ans, issus de familles désunies, ne voient jamais un de leurs parents, majoritairement leur père ; et 1/3 de ceux de 0 à 34 ans ne voient jamais ce parent absent, ou que fort peu, moins d’une fois par mois.

[5A Amsterdam, où la possibilité de se marier est donnée depuis 11 ans aux couples de même sexe, deux politiciens locaux appelent à la privatisation de l’institution. Selon eux, l’Etat ne devrait pas se mêler de la sphère privée, ni favoriser fiscalement les gens mariés.

[6Arrêt récent dans une affaire autrichienne - requête no 19010/07 : Un père voit régulièrement son enfant, paie une pension alimentaire et refuse de donner son consentement à l’adoption de son enfant par la compagne de la mère. Au motif que le refus d’adoption manifesterait une différence de traitement entre les requérantes et un couple hétérosexuel non marié dont l’un des membres aurait souhaité adopter l’enfant de l’autre, la Cour européenne des droits de l’homme condamne l’Autriche et prive un enfant de son père parce que la compagne de sa mère veut l’adopter ! Si le "mariage pour tous" était adopté en France, la Cedh , ainsi que des tribunaux et cours de justice française, pourraient prendre la même décision.

[7La seconde partie de l’article premier de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen précise : « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ».

[8Le taux de nuptialité diminue constamment depuis les années 70 pendant que celui de la divortialité augmente.
Le mariage a connu son apogée en 1972, avec environ 430 000 mariages ; depuis, il est en baisse constante et atteint 236 000 en 2011. Cette baisse est due à la montée des divorces et d’autres formes d’unions qui a accompagné les différentes réformes de la loi depuis les années 70.
C’est ainsi que le nombre de divorce, parti de 30 000 par an dans les années 60, a été multiplié par 4 et atteint le nombre de 130 000 par an en 2011.
La même année, les 16 millions de couples dénombrés en France, se distribuent en 11,5 millions mariés (72%), union libre 3,5 millions (21,9%) , et Pacs 0,7 million (3,75%). Ces chiffres comprennent les 100 000 couples homosexuels (0,6% des couples)


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