La Bélogue
Hier, à l’académie des Beaux Lézards

Les vieux d’cent ans

Suivi de « Pic et Nic » et d’« épectase en approche »
vendredi 4 janvier 2013 par Paul FAICHE

Hier chez Margot, à l’académie des Beaux Lézards, la bohème de Charles Aznavour, le déjeuner sur l’herbe et les promeneurs de Claude Monet furent des sources d’inspiration et le point de départ des délires de l’atelier d’écriture.
« Les vieux d’cent ans », « Pic et Nic », et « Epectase en approche », née de la rencontre inattendue entre une hôtesse, un moine boudhiste et un homme triste, sont parmi les fruits des agapes du jour, sans oublier l’excellente galette des rois.

Les vieux d’cent ans

Je vous parle des temps,
Quand nous serons bien vieux,
Que nous serons heureux,
A l’ombre des lilas fleurissants.

Oubliés les temps de bohème !
Enfin, pleins de cafés crème !
Pour réchauffer nos panses ratatinées,
Nos centimètres égarés.

Viennent les temps de gloire !
Où tous, frères et sœurs, serons !
Partagerons la galette d’un soir.

Et si amitié de nous vieux avez,
Oublierons misères sans fond,
Et remerciés, vous serez.

Viennent, viennent nos 100 ans,
Qu’encore la vie soit jolie !
Épuisés, mais ravis,
Soyons fous encore,
100 ans
Encore.

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Pic et Nic

Le déjeuner sur l’herbe de Claude Monet

Les robes en corolles
Se posent sur le sol
Après les épousailles.

Prêtes à la ripaille,
A jouer les victuaillles
A la courte paille.

Après le pique-nique
Ce sera musique.

Les hommes iront à la fumerie
Sacrifier sans protocole
A l’opium-manie.

Et les femmes, avec frénésie,
De faire valser dentelles et corolles
Derrière le préau de l’école.

Après,
Toutes et tous grisés,
Attendront le café
Pour savourer encore
Les excès
En corps ... En coeur ... Encore.

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Epectase en approche

Une hôtesse, un moine bouddhiste et un homme triste sont dans un avion ...

Par Suzanne (le moine boudhiste), Martine (l’homme triste) et Paul (l’hôtesse)

Hôtesse : veuillez accrocher vos ceintures, nous allons décoller.

Moine bouddhiste : nous avons chacun notre ciel, quoique différent.

Homme triste : je suis désolé, le mien est resté derrière moi. Ma bien-aimée ne sera pas à l’atterrissage.

Hôtesse : madame, monsieur, Air France est heureuse de vous accueillir dans son super jumbo XXL à destination des cieux de l’Amérique.

Moine bouddhiste : au paradis vous ne m’emmènerez jamais, parce que j’y vis en permanence.

Homme triste : lequel paradis ? le mien est resté à Paris.

Hôtesse : vous voudrez bien me faire une place dans votre paradis, c’est mon dernier voyage. Air France m’a licenciée.

Moine bouddhiste : l’espace est complet, vous devrez vous contenter d’un strapontin.

Homme triste : je m’en doutais, seul mon amour pourrait me rendre le sourire.

Hôtesse : vous n’avez pas fini de nous casser les pieds avec votre tristesse contagieuse ! Je vais vous faire enfermer dans la cale.

Homme triste : je n’en ai nulle envie. La seule chose que je demande, c’est que l’on m’ouvre la porte de secours, et surtout que l’on ne me donne pas de parachute.

Moine bouddhiste : il serait possible d’effectuer une remontée en parachute ascensionnel, mais certainement pas au septième ciel.

Hôtesse : super le moine !

Homme triste : je vous hais tous. Allez en enfer !

Hôtesse : que faire mon beau moinillon ?

Moine bouddhiste : c’est simple, rejoignez moi au monastère.

Hôtesse : J’y cours, j’y vole.

Homme triste : y trouverais-je ma bien-aimée ? Pour accepter cette retraite en monastère.

Voix du pilote : Mayday - Mayday - nous coulons !

Faites vos prières …

Notre Père qui êtes aux cieux …

CRACK ! BOUM ! BOUM ! HUUUUUE !!!!

Paroles de la bohème de Charles Aznavour

Je vous parle d’un temps
Que les moins de vingt ans
Ne peuvent pas connaître
Montmartre en ce temps-là
Accrochait ses lilas
Jusque sous nos fenêtres
Et si l’humble garni
Qui nous servait de nid
Ne payait pas de mine
C’est là qu’on s’est connu
Moi qui criait famine
Et toi qui posais nue

La bohème, la bohème
Ça voulait dire on est heureux
La bohème, la bohème
Nous ne mangions qu’un jour sur deux

Dans les cafés voisins
Nous étions quelques-uns
Qui attendions la gloire
Et bien que miséreux
Avec le ventre creux
Nous ne cessions d’y croire
Et quand quelque bistro
Contre un bon repas chaud
Nous prenait une toile
Nous récitions des vers
Groupés autour du poêle
En oubliant l’hiver

La bohème, la bohème
Ça voulait dire tu es jolie
La bohème, la bohème
Et nous avions tous du génie

Souvent il m’arrivait
Devant mon chevalet
De passer des nuits blanches
Retouchant le dessin
De la ligne d’un sein
Du galbe d’une hanche
Et ce n’est qu’au matin
Qu’on s’asseyait enfin
Devant un café-crème
Epuisés mais ravis
Fallait-il que l’on s’aime
Et qu’on aime la vie

La bohème, la bohème
Ça voulait dire on a vingt ans
La bohème, la bohème
Et nous vivions de l’air du temps

Quand au hasard des jours
Je m’en vais faire un tour
A mon ancienne adresse
Je ne reconnais plus
Ni les murs, ni les rues
Qui ont vu ma jeunesse
En haut d’un escalier
Je cherche l’atelier
Dont plus rien ne subsiste
Dans son nouveau décor
Montmartre semble triste
Et les lilas sont morts
La Bohème de Charles Aznavour
La bohème, la bohème
On était jeunes, on était fous
La bohème, la bohème
Ça ne veut plus rien dire du tout


Portfolio

Les promeneurs de Claude Monet

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