La Bélogue
Comprendre la dette publique

Création monétaire par le crédit, une aubaine pour la finance

Préférer la vérité aux enfumages et boniments du clan des Sarkoziens
vendredi 18 novembre 2011 par Antoine SEREINE

L’économie occidentale est inondée de dettes publiques et privées.
Premier endetté, les Etats Unis où la dette dépasse 15 000 Milliards de dollars et atteindra 100% du PIB à la fin de l’année. En Europe, la dette atteint 13 500 milliards de Dollars, (10 000 Milliards d’euros), soit environ 86% du PIB pour la zone Euro et 81% pour l’UE à 27. En France, la dette atteint 2 200 Milliards de dollars, (1 600 Milliards d’euros). Cerise sur le gateau, la vitesse d’accroissement de ces dettes s’accélèrent. En 3 ans, la dette états-unienne s’est accrue de 5 000 milliards de dollars, soit 50% comme en France, où, dans le même temps, elle s’est accrue de 500 milliards d’euros.

Les solutions préconisées par les gouvernements occidentaux pour régler la situation sont toutes les mêmes :
- Moins de dépenses publiques
- Plus de compétitivité
- Plans d’austérité
- Tout privatiser du domaine public

Mais pendant que les gouvernements soignent les symptômes, et enfument les citoyens, ils ne s’occupent pas du mal qui ronge les nations.

Aucun ne s’interroge sur les causes de cette accumulation des dettes publiques, et certainement pas le tandem Sarkozy-Merkel.

Ces dettes sont vues comme des vaches sacrées ; on veut bien les mettre un peu à la disette, mais rien de plus. Fascinés et tétanisées par la tornade financière qui menace, les Etats fuient « en avant-toute », vers toujours plus d’austérité, vers toujours moins de recettes fiscales, ... et vers toujours plus de dettes encore …

Ils ont peur de leur propre créature, la finance. Devant ce tsunami de dettes publiques et privées, aucun gouvernement n’ose vraiment mettre en question les responsabilités de la finance. Ce serait aussi remettre en question leurs propres décisions, leur perspicacité, leur intelligence de ces situations et là, on touche à nouveau au sacré .... de l’égo, fort prononcé chez les narcisses du politique.

Alors ils s’en tiennent à désigner des boucs émissaires et à les fustiger.

Comme jadis l’église, la finance lève sa dîme

En France, vers 1979, la dette était seulement de 240 milliards d’euros ; elle atteignait 1 600 milliards d’euros en 2010. Entre ces deux dates, la France a payé environ 1 410 milliards d’euros d’intérêts. Ainsi, pour honorer le service de la dette (remboursement de beaucoup d’intérêts et de peu de capital) la France est elle contrainte d’y consacrer la quasi totalité du montant collecté par l’impôt sur le revenu.

Les français, qui croient civiquement payer leurs impôts, versent dans les faits une dîme au monde de la finance. Mais le monde de la finance ne se contente pas de ce petit revenu là, de cet amuse-gueule ....

1973, en France, on privatise la création monétaire

Depuis les années 70 - 1973 en France - les Etats sont contraints de faire appel aux marchés financiers et aux banques commerciales pour financer leurs investissements. Ils ne peuvent plus bénéficier de prêts sans intérêt de la part des banques centrales. En France nous devons, au tandem libéral Pompidou-Giscard, cette nouveauté dont la perversité apparaît aujourd’hui au grand jour dans un endettement public croissant de manière vertigineuse. Cette disposition qui consistait à privatiser « la création monétaire » et à la confier au crédit bancaire commercial a été confirmée et généralisée en Europe, en 2007, avec l’article 123 du traité de Lisbonne.

Les banques commerciales prêtent alors aux états, créent la monnaie scripturale nécessaire, et se re-financent elles mêmes auprès des banques centrales où elles bénéficient de taux d’intérêts bas, et, au passage, empochent sur ces prêts, un profit égal à 2, 3 ou 4 fois les intérêts versés aux banques centrales.

Ce mécanisme, qui s’applique aussi aux crédits accordés aux entreprises et particuliers , leur procure des revenus bien supérieurs aux impôts et taxes dont ils doivent s’acquitter envers les Etats eux mêmes. Autrement dit, grâce à la contrainte posée sur les Etats par la privatisation de la création monétaire, les banques bénéficient de l’aubaine d’une rente inépuisable, car la dette des Etats se nourrit d’elle même et grossit inévitablement d’autant plus rapidement que ceux ci sont incapables de dégager la valeur ajoutée que réclame une finance toujours plus exigeante avec des taux d’intérêts toujours plus élevés.

Les Etats sont devenus les « vaches à lait » des banques qui captent par ce moyen les richesses des nations pour les redistribuer à leurs propres actionnaires ou épargnants. Mathématiquement, cette dette est impossible à résorber.

C’est ainsi qu’il s’opère une réelle inversion de l’impôt, les Etats sont devenus redevables à la finance, et, par cette voie, les politiques financières prennent le dessus sur celles des Etats.

C’est ainsi que le ruissellement néo-libéral dont les riches devait abreuver, disait on, la société, s’est mis à défier les lois de la gravité et à ruisseler vers le haut, depuis les gens d’en bas jusque vers ceux d’en haut créant les inégalités croissantes que l’on sait.

C’est ainsi, aussi, que l’on peut voir partout les chefs d’état européens se prosterner, les uns après les autres, devant les AAA de la finance, leurs nouvelles idoles ...

Alors, quelles solutions ?

Arrêter l’hémorragie dans laquelle les ressources des contribuables se déversent et se perdent sans fin s’impose à l’évidence.

Par quels mécanismes cette hémorragie est elle produite ? Et quelle est son importance réelle ?

- Une vidéo très pédagogique aide à comprendre le mécanisme de la création monétaire par le crédit et celui, corrélatif, de l’accroissement de la dette publique à la source de l’hémorragie des ressources des contribuables. Elle est visible sur le site de Mr Quelques minutes

- Une seconde visite s’impose sur le site « La dette publique » qui permet de mesurer et de prendre conscience de l’ampleur du phénomène de la dette publique. Un compteur des intérêts payés pour la dette publique depuis 1973 figure en première page de ce site.

Au jour où cet article est écrit, 18 novembre à 10.00 ces intérêts se montent à :

Et ces intérêts s’accroissent au rythme de 87 000 euros par minutes, soit chaque année, près de 46 milliards d’euros.

Pour rendre ces chiffres concrets, comparons les au montant moyen de la retraite des français, 1 660 euros par mois, soit 19 920 euros par an, et prenons ce montant comme unité de référence, l’Année-Retraite.

- Chaque jour d’intérêts de la dette publique équivaut donc à environ 6 300 Années-Retraites.

- Et chaque année, ces intérêts équivalent à 2 300 000 Années Retraites.

2 300 000 français ou françaises auxquels, chaque année, l’état ne servira pas de retraites .... bien méritées pourtant, tout cela pour ... engraisser la finance.

A noter que, lorsqu’il sera payé, l’avion présidentiel dont le coût représente 13 000 Années Retraites et participe à l’accroissement de la dette en coutera autant en intérêts, et que chaque heure de vol coutera 1 Année-Retraite supplémentaire aux français.

A savoir aussi que les couts des déplacements présidentiels destinés à soigner sa notoriété et sa popularité sont évalués à 90 000 euros en moyenne et s’élèvent chaque année à environ 200 Années Retraites, soit 1000 AR pour la durée du quinquennat, chiffre qu’il convient de doubler, soit 2000 AR, pour prendre en compte le budget com de l’Elysée que Sarkozy a triplé environ.

Sur ce sujet des retraites, Sarkozy a enfumé les français fin 2010, comme il persiste à le faire, en 2011, avec la dette publique.

Pas sûr qu’il puisse continuer longtemps sur ce registre. 2012 tranchera la question.

Alors quelles solutions ?

Y aura t’il en 2012, comme en 1789 ou comme en 1905, avec la nationalisation et la confiscation des biens de l’église, séparation de l’état et de la finance, et re-nationalisation de la création monétaire  ?

A suivre ...


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 614 / 216867

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Bloc notes d’Antoine Sereine   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.2.0 + AHUNTSIC

Creative Commons License