La Bélogue
Croisade néo-libérale

La nouvelle raison du monde - lll

L’Homme nouveau et la démocratie sous le joug de la raison néo-libérale
mardi 18 octobre 2011 par Antoine SEREINE

Le néo-libéralisme n’échappe pas au mythe prométhéen de la construction d’un homme nouveau. C’est dans la transformation en cours du format et du rôle de l’Etat, perçu désormais comme une entreprise au service des entreprises, que s’appréhende au mieux l’articulation entre la norme mondiale de la concurrence et l’art néolibéral de gouverner les individus. Dans la raison néo-libérale, enjeu de la croisade, la concurrence est reine, qu’il s’agisse de la construction du « Marché », de celle de l’ « Etat » ou de l’« Homme nouveau ». Le marché n’est plus seulement un lieu d’échange mais, il est d’abord, lieu de concurrence et donc, fondamentalement, lieu et relation d’inégalité. L’Etat n’est plus simplement gardien du cadre concurrentiel, il y est soumis, et, en même temps qu’il construit le marché, il doit se construire lui-même selon les normes du marché et se plier au droit privé. La démocratie est ainsi mise sous le joug de la raison néo-libérale. Quand à l’individu, mis sous le carcan de la concurrence universalisée et de ses modèles, il lui incombe de se percevoir comme capital à faire fructifier et comme entreprise à gérer.

A partir des années 80, dans le cadre naissant de la mondialisation, les critiques se mettent à pleuvoir sur l’Etat, empêcheur de « mondialiser en rond ». Le principal reproche qui lui est fait est son inefficacité, son manque de productivité, les entraves qu’il apporte à la compétitivité, ses coûts trop élevés dans la fourniture des biens et des services publics, … en un mot l’inefficacité de sa gestion.

Mais, en réalité, des postulats sont posés comme quoi le management privé est toujours plus efficace que l’administration publique, que les échecs de l’état sont supposés être toujours plus dommageables que ceux du marché, et que le consommateur paiera toujours plus cher un bien public qu’un bien privé, tous postulats qui sont éminemment contestables, la preuve en est abondamment faite.

A gouvernement entrepreneurial , Etat managérial

De la même façon que les croisés néo-libéraux, où se retrouvent droite libérale et gauche moderne, ont mis les managers d’entreprises sous le contrôle des actionnaires, ils vont mettre les Etats sous le contrôle de la communauté financière internationale ; ils vont les transformer en « Etats managériaux » évaluateur et régulateur, supposés efficaces, et réorientés pour répondre principalement aux exigences de la compétition économique ; ils vont aussi les utiliser pour subvertir insidieusement et radicalement les fondements même de la démocratie.

L’institution du marché régi par la concurrence, voulue et soutenue par l’Etat, va être confortée et prolongée par l’orientation consistant à « importer » les règles du marché concurrentiel dans le secteur public, ceci allant jusqu’à penser l’exercice du pouvoir gouvernemental selon la rationalité de l’entreprise.

Les mauvaises pratiques de la bonne gouvernance

Au nom de la « bonne gouvernance », substituée au gouvernement des hommes et des choses, les politiques macro économiques sont ainsi devenues largement le fait de co-productions entre pouvoirs publics et entreprises privées, sorte d’hybridation, dans lesquelles de nombreuses concessions et délégations ont été consenties au privé, pour établir des normes d’autorégulation en lieu et place de la loi.

Ceci a abouti à ce que la décision politique échappe de fait aux Etats. Les Etats ne se retirent pas, mais ils se plient aux conditions de la mondialisation qu’ils ont eux même contribué à mettre en place. Exemple actuel et désastreux de ces « mauvaises pratiques » dites de « bonne gouvernance ! », la création du comité de Bâle. Celui ci a permis d’ériger dans le domaine bancaire un système normatif public-privé qui s’est avéré défaillant en permettant aux banques de se délester du risque par la titrisation et les produits dérivés sur des organisations moins contrôlées. Cette pratique, à l’origine de la crise des « subprimes », persiste et se propage actuellement en Europe.

La crise financière met ainsi remarquablement en évidence les dangers inhérents à la « gouvernementalité néo-libérale » quand celle ci conduit à confier, en plein coeur du système économique capitaliste, une part de la supervision prudentielle aux « acteurs » eux-mêmes, au prétexte qu’ils subissent directement les contraintes de la concurrence mondiale et qu’ils sont mieux à même de gouverner eux-mêmes, en poursuivant leur intérêt propre.

Ces logiques d’« hybridation » font partie de la panoplie néo-libérale. On les retrouvent dans tous les domaines, par exemple dans tous les processus de normalisations lié au commerce mondial et nécessaires à la mondialisation. Elles endorment la vigilance des uns et des autres, conduisent les Etats à mener délibérément des politiques favorables aux entreprises et désavantageuses pour les salariés de leurs propres pays.

Elles contribuent à imposer ainsi des régressions sociales à une grande partie de la population et organisent un transfert de revenus vers les classes les plus fortunées.

De l’état arbitre à l’état partisan

La norme de la concurrence généralisée presse ainsi les États et autres instances publiques, à ordonner les sociétés aux contraintes de la concurrence mondiale et de la finance globale, et donc à produire les conditions locales optimales pour la valorisation du capital, investissements en structures et en institutions nécessaires pour attirer ou retenir capitaux et salariés qualifiés et rendre les territoires nationaux attractifs. Ce faisant, les Etats se font partenaires des intérêts oligopolistiques des multinationales et autres investisseurs souverains et se départissent de leur rôle traditionnel d’intégrateur et d’ordonnateur de la vie collective nationale, dans lequel l’Etat lui même était posé en arbitre des intérêts des populations.

En se faisant partenaire des oligopoles, par exemple dans les cas de la délégation de services publics au secteur privé, ou de privatisations, l’état républicain se perd et se fait partisan.

La dérive managériale dans la conduite des affaires publiques, conduit l’Etat à se percevoir comme une sorte de DRH de la population, en qui il voit une « ressource humaine » et un « coût social », et avec laquelle la seule forme admissible de rapports ne peut être que la convergence sur des objectifs supposés désirables par tous. Nul ne saurait en être l’ennemi, dans le catéchisme néo-libéral de la performance et de l’efficacité qui nous est servi ad nauséam par les croisés.

On a bien observé cette dérive managériale dans l’affaire de la réforme des retraites, présentée comme une réforme « courageuse », et dans laquelle le rôle de l’Etat fut réduit à prophétiser le malheur, à prêcher la bonne parole, et à servir la soupe aux croisés néo-libéraux les plus affamés de richesses sociales.

La fabrique de l’homme nouveau néo-libéral

L’espace vital de l’homme moderne est un espace à 3 dimensions, celui de la coutume, rurale ou urbaine, et des religions, celui de la souveraineté politique et des nations, et celui de l’échange marchand, du travail et de la production. L’homme moderne y évolue sous la double poussée des développements de la démocratie politique et du capitalisme. Depuis une trentaine d’années, ce dernier s’est fait particulièrement pressant, sous l’effet du capitalisme financier porté par le néo-libéralisme.

Cette situation, schizophrénique, conduit l’homme moderne à se dédoubler : il y a d’une part le citoyen, doté de droits supposés inaliénables, et puis l’homme économique guidé par son intérêt. Il y a l’homme des « fins » et celui des moyens, l’« homme-outil » qui se perçoit comme tel. Le néo-libéralisme déséquilibre cette dualité en faveur de l’homme-outil, privilégiant ainsi, sur le droit, le moyen de la contractualisation, contrats volontaires engageant des personnes libres.

- La société prend modèle sur l’entreprise

L’« homme nouveau néo-libéral » prend pour modèle l’entreprise, et concentre autour tout son discours sur l’homme. Il conçoit la société comme une entreprise constituée d’entreprises, la réduisant ainsi à la figure d’un dispositif de « production - consommation », ou plus généralement de « performance-jouissance ». Et c’est à ces dispositifs que l’homme nouveau, doit se conformer et s’assujettir, par les moyens de la contractualisation, pour devenir un « homme compétitif », entièrement immergé dans la compétition mondiale.

Supposée contractuelle, cette conversion n’a en fait rien de volontaire et la seule propagande du libre-échange lui-même, pas plus que les seuls attraits de l’enrichissement privé ne l’expliquent.

Il a donc fallu, aux néo-libéraux, installer tout un dispositif d’efficacité, d’éducation de l’esprit, de raréfaction et de ré-organisation du travail, de l’habitat, du repos et des loisirs, pour former l’individu : calculateur et travailleur productif, docile au travail et prompt à la consommation.

Bref, en deux mots, dans la perspective néo-libérale, l’ « homme nouveau » est « l’homme efficace », « l’homme entrepreneurial », soumis à la règle du profit maximal, et tout entier conditionné par et pour l’entreprise.

L’effet recherché par les nouvelles techniques de management de l’« homme nouveau », est de faire en sorte qu’il travaille pour l’entreprise, comme pour lui même ; de supprimer tout sentiment d’aliénation, et même toute distance entre lui et son employeur.

L’« homme nouveau » doit, de lui même, travailler à sa propre efficacité, intensifier son effort, comme si cet impératif lui était commandé de l’intérieur, par l’effet de son propre désir.

C’est ainsi, par la captation du désir, que les nouvelles techniques de gouvernement des hommes, promues par le néo-libéralisme et dites « entreprise de soi » ou « gouvernement de soi », parviennent au comble de l’aliénation, alors qu’elles prétendent supprimer toute aliénation.

En c’est en effet en accompagnant la mise en oeuvre de ces techniques par des propos humanistes et hédonistes que la gestion moderne des hommes vise à re-produire, en plus efficace, les anciennes et classiques formes d’assujettissement et de violences sociales propres au capitalisme : transformation du travailleur en marchandises, érosion des droits attachés au statut de travailleur, insécurité instillée dans le salariat par la précarisation de l’emploi, affaiblissement du pouvoir d’achat jusqu’à l’appauvrissement de fraction entière des classes populaires.

Ce contexte de « peur sociale », délibérément créé, vise à faciliter la mise en place du néo-management dans les entreprises, le but nouveau consistant à déclencher un effet en chaîne en produisant des sujet entreprenants qui à leur tour reproduiront et renforceront les rapports de compétition entre eux, enclenchant ainsi une spirale de la compétition … dont on voit qu’elle se transforme généralement en tornade destructrice des hommes et des biens.

- Entreprise de soi et management de l’âme

Mais à quoi conduit cette rationalité, mise en œuvre par le néo-management, chez l’individu placé en « auto-gouvernance » pour être plus efficace, plus excellent, plus flexible, plus investi, plus introspectif, plus inventif, meilleur gestionnaire de son propre capital humain, meilleur entrepreneur ?

Elle conduit à l’objectif que visait Mme Thatcher qui disait, au delà de son action sur l’économie, « l’objectif est de changer les âmes » , changement auquel toute une industrie du « développement personnel » va s’attacher. Il s’agira alors d’obtenir une identification de l’individu à l’entreprise par le moyen de l’ « entreprise de soi », forme néo-libérale de la maitrise de soi, et manière de traduire l’idée que chacun peut avoir prise sur sa vie : la conduire, la gérer, la maîtriser en fonction de ses désirs et de ses besoins, en élaborant des stratégies adéquates.

L’entrepreneur de soi, l’ « homo agens » ne cherche pas seulement, comme l’ancien « homo économicus » d’avant les temps néo-libéraux, à se projeter dans l’avenir et à calculer ses gains et ses coûts. Non, il cherche surtout à « travailler sur lui-même » afin de se transformer en permanence, d’être capable d’intensifier son effort et de se rendre toujours plus efficace, avec pour horizon, d’une part l’éthique de l’entreprise, devenue l’éthique du temps, de teneur guerrière, exaltant le combat, la force, la vigueur, le succès … et d’autre part le travail, source unique d’autonomie et de liberté et véhicule privilégié de la réalisation de soi.

Le corollaire de cette vision, c’est l’entreprise conçue comme une entité composée de petites « entreprises de soi », dans laquelle le contrat salarial serait remplacé par un rapport contractuel entre « entreprises de soi ». Dans cette perspective, la vie en entreprise pourraitt être considérée comme un lieu d’acquisition d’une « sagesse pratique », et les managers comme l’équivalent des sages, maitres, ou gourous. Tout ceci accentue l’aspect fortement religieux du néo-liberalisme, de sa croisade et de ses croisés.

En définitive tous ces exercices de transformation de soi tendent à reporter tout le poids de la complexité et de la compétition sur l’individu seul.

L’« auto-gouvernance de soi » pourrait être alors résumée par l’adage bien connu « Aide toi toi même » - sous entendu, ni la collectivité, ni l’état n’auront à dispenser cette aide. Ce qui implique qu’elle devra être développée aussi chez l’enfant, chez l’étudiant pour les préparer à devenir les prototypes de l’ « homme nouveau néo libéral », et aspirer au statut de « Stakhanov libéraux » fruits du nouveau « totalitarisme néo-libéral » qui se constitue sous nos yeux et soulève, dans le monde entier, la réprobation croissante des « indignés ».

Chacun pour soi, la concurrence pour tous

Ce nouveau « totalitarisme néo-libéral », est essentiellement destructeur de la dimension collective de l’existence ; l’individualisation y est la règle. Toute forme de crise sociale est perçue comme crise individuelle, toutes les inégalités sont rapportées à une responsabilité individuelle. La machinerie néolibérale en place transforme ainsi les causes extérieures en responsabilité individuelle, et les problèmes liés au système en échecs personnels. Ainsi, en faisant disparaître l’état providence, le néo-libéralisme expose les individus aux risques d’existence et au devoir d’en assurer la couverture : « Assures toi toi même », il n’y a pas de providence autre que la concurrence. Telle est la nouvelle injonction qui fait passer la solidarité dans le champ de la marchandisation et la métamorphose en assurance individuelle et en profits.

Dans les faits, la stratégie néo-libérale va consister à contraindre l’individu à réinterpréter l’ensemble des risques comme des choix d’existence, et à contrôler en permanence ce processus.

Dans ce cadre, l’individu responsable et comptable de ses actes, a le devoir de transparence et de performance, et ne vaut plus que par la valeur d’usage, mesurable et infiniment évaluable, de sa force de travail. L’ « homme nouveau néo-libéral », placé en permanence sous le carcan de l’évaluation à coup de training, de coaching, d’audits … devient « l’homme évaluable » .
Qu’importent le titre, les statuts, l’expérience professionnelle, « l’homme évaluable » ne vaut plus que par la « valeur actionnariale » qu’il est susceptible de produire, et sa liberté, devenue obligation de performance, sombre dans la dépendance à l’égard de la chaîne managériale

Ainsi placé au point de convergence entre un discours managérial qui fait de la performance un devoir, et cet autre discours publicitaire et complémentaire, qui fait de la jouissance un impératif, « L’homme nouveau néo-libéral » est incité en permanence à l’excès, à produire plus, à jouir plus, à devenir un champion … tous excès qui constituent l’essence même du darwinisme à l’oeuvre sous l’habit néo-libéral. Car, dans cette course au dépassement de soi, à jamais inachevée, mais à laquelle beaucoup sont appelés, il y a bien peu d’élus qui atteindront au cosmos du marché mondial …

L’homme ordinaire y est perdant, par essence, car le discours sur la « réalisation de soi » et sur la réussite de sa vie induit une stigmatisation des ratés, des paumés, des gens malheureux incapables d’accéder à la norme sociale du bonheur. La multiplication des choix à faire, peut entraîner à la longue une fatigue d’être soi, dont le remède le plus généralisé est le dopage ; alors les médicaments (peu ou pas remboursés) prennent le relais de l’institution qui refuse de jouer le rôle de soutien : chacun pour soi, la concurrence pour tous. Aussi le prix à payer par les vaincus de la « croisade néo-libérale » est il lourd : souffrances au travail ou dans le chômage, suicides, érosion des personnalités, autonomie contrariée, démoralisation et dépression généralisée sont l’envers du discours néo-libéral et son enfer.

- Perversions néo-libérales

Le marché et ses promesses ont eu raison des institutions religieuses et politiques existantes, qui, à l’image du père, constituaient des images de l’autre . Dans le marché, l’autre est absent, inexistant, seul existe sa réduction à « l’homo agens » qui fait l’éxpérience de son être propre en tant que ressource humaine, consommée par les entreprises pour la production du profit ; assujettis à la norme de performance, ils se prennent les uns comme les autres, dans la diversité de leurs rapports, pour des objets à posséder, à modeler et à transformer pour mieux parvenir à leur satisfaction.

La « consommation de l’autre » a remplacé la reconnaissance et le respect de l’autre.

Dans l’esprit néo-libéral, le social est devenu inconcevable, sauf à le concevoir comme une forme d’humanité supplémentaire dont on ne sait que faire, que l’on enferme alors dans les ghettos du chômage et des banlieues rouges, et auxquels on distribue, par charité libérale, les miettes du festin .... A la table du festin, les élus sont maitres ou saints, ou croient l’être.

Tel est l’imaginaire de « l’homme nouveau », « narcisse des temps modernes », qui est à la fois son propre travailleur et son propre actionnaire, qui performe sans limites et jouit sans entraves des fruits de son accumulation. Tels sont aussi son aveuglement et sa surdité, que de nier, oublier ou être indifférent à la face sombre de la normativité néolibérale : surveillance, traçabilité des individus, évaluation des activités, prégnance de l’information et de la publicité, forme insidieuse d’auto-contrôle ....

L’épuisement de la démocratie libérale

La rationalité néolibérale est une rationalité a-démocratique. Elle opère une dilution du droit public au profit du droit privé, la conformation de l’action publique aux critères de la rentabilité de la productivité, dévaluation symbolique de la loi, renforcement l’exécutif, tendance des pouvoirs de police à s’affranchir de tout contrôle judiciaire, promotion du citoyen consommateur ... Elle promeut ses propres critères de validation qui n’ont plus rien à voir avec les principe moraux et juridiques de la démocratie libérale.

Rationalité managériale, elle ne voit les lois et les normes que comme de purs instruments, dont la valeur relative reste subordonnée à la réalisation des objectifs. Cette indifférence à la loi est inscrite dès le début dans le projet intellectuel et politique du néolibéralisme qui considère que la démocratie ne concerne que la manière de choisir les dirigeants, ce qui met en cause l’idée que la démocratie s’identifie à la souveraineté du peuple.

- Tous ces éléments témoignent de l’épuisement de la démocratie libérale.

Peut-être vivrons nous, à l’occasion de la crise actuelle et des élections présidentielles, une remise en question, comme celle qui fut vécue par les refondateurs des années 1930, du néolibéralisme incarné depuis plus de 30 ans dans les politiques de droite comme de gauche. Car tout nous montre que défendre la démocratie libérale dans des termes libéraux, c’est non seulement sacrifier une vision de gauche, c’est aussi, par ce sacrifice, discréditer la gauche en la réduisant tacitement à n’être rien de plus qu’une objection permanente au régime en place : un parti de doléances plutôt qu’un parti doté d’une vision politique, sociale et économique, alternative. Peut-être, sonnera la fin du « néolibéralisme de gauche » qui n’a plus rien à voir avec une sociale démocratie pas plus qu’avec une démocratie politique libérale.

Le social libéralisme n’ayant aucun sens puisque le social est dénié, par essence, dans le libéralisme, il faudra donc à la gauche inventer une nouvelle gouvernementalité, pour sortir de la rationalité néo-libérale, et il appartiendra à chacune et chacun d’imaginer et de mettre en œuvre les contre-conduites nécessaires pour résister et s’opposer à la « gouvernementalité de soi » que la croisade néo-libérale a distillée dans les esprits de tous au nom de sa « trinité marchande », « la concurrence, le profit et l’esprit d’entreprise » ... en guise d’esprit sain(t ?).

- L’Homme nouveau et la démocratie sous le joug de la raison néo-libérale est la troisième partie de l’aperçu sur l’ « Essai sur la société néolibérale » de Pierre Dardot et de Christian Laval, « La nouvelle raison du monde » publiée chez La Découverte.

A lire sur le même thème :

- L’article « Comment fabriquer un individu néolibéral », interview par Libération, des auteurs, Pierre Dardot et Christian Laval, de « la Nouvelle Raison du monde ».

- Lecture par Corinne Delmas, de « La nouvelle raison du monde. Essai sur la société néolibérale », sur revues.org

- Lecture par Christophe Ramaux de « La nouvelle raison du monde. Essai sur la société néolibérale », sur la Revue de la régulation


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