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Lettre ouverte 
à Monsieur le député Colcombet

Lettre ouverte

Monsieur le député

         J'ai remarqué votre conclusion au débat parlementaire du 21 février 2002, lors du vote sur la loi relative à l'autorité parentale.
Je vous cite: "Pendant très longtemps, nous avons cru qu'il fallait donner un avocat aux enfants ; nous nous sommes aperçus de notre erreur." 

          Je pense que votre conclusion mérite d'autant plus d'être relevée et connue, ce qui explique le caractère ouvert de cette lettre, qu'elle émane d'une personne ayant la double qualité de député et de magistrat, mais je me pose la question de sa portée. 
          Je crains que votre conclusion ne soit encore que bien peu partagée par vos consœurs et confrères, magistrats ou députés, dont les consciences douloureuses semblaient, ce 21 février, être plus sensibles à l'évocation des indignités faites à Saartjie Baartman dite la "Vénus hottentote", qu'à celles, passées et à venir, faites, ou à faire encore, aux parents et aux enfants de notre pays.

         Vous appelez erreur ce que ceux et celles qui en ont été l'objet, appellent et vivent comme une faute ; une faute contre l'humanité, car ils ont assurément acquis, dans le malheur des démêlés avec le droit de la famille, la conscience du fléau de la loi, lorsque, fondée en droit, elle est cependant mal fondée en humanité. 

         Cette loi de 1970, que vous avez contribué à modifier tout récemment a produit ses méfaits par le passé ; elle en produira probablement encore de nombreux; car il subsiste dans le droit tout un arsenal légal permettant à des magistrats de dresser les enfants contre leurs parents, ou bien de dresser les parents entre eux, lorsque ceux ci sont dans la difficulté du conflit.

         Votre conclusion, intéressante, certes, et généreuse, peut cependant ne pas porter à conséquence et je pense que ce serait dommage, d'autant que, dans ce long débat sur la réforme de l'autorité parentale, il semble que vous ayez été le seul à envisager la question de la légitimité de l'institution qui dirait " l'intérêt de l'enfant ".
        J'espère donc que vous continuerez à joindre vos efforts à ceux et celles qui travaillent dans la société, comme dans les institutions, au chantier, toujours ouvert, de la justice familiale. Je vous invite de même à soutenir le " Manifeste pour une justice familiale non violente ", dont je joins le texte à ce courrier.
        Je serais très honoré si vous souhaitiez poursuivre plus avant ce contact. 

          Avec mes sincères salutations

   
 

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