Pourquoi la ballade d'Anne-Marie ?
       
  Ces pages placées dans le cyberespace, accessibles via internet, sont dédiées à la mémoire d’Anne-Marie PERET, une belle amie dont le souvenir me reste très cher. Je l’avais initiée à l’internet, laborieusement parfois, mais, bien qu’elle ait gardé quelques incompatibilités avec le clavier, elle devint rapidement une internaute gourmande, et apprivoisa, selon ses propres méthodes, webcam et chat qui lui permirent de dialoguer à distance avec ses enfants et petits enfants.

La mort d’Anne-Marie m'a, sur l'instant, appelé à travailler à sa mémoire, et j'ai pensé, poursuivant en quelque sorte son initiation à l'internet, à des choses comme un cyber-mémorial ou une cyber-sépulture qui lui seraient dédiées et qui seraient capables de perpétuer son souvenir.
J'ai trouvé peu d'éléments sur l'internet, via Google, pour préciser ma pensée, seules quelques pages et réflexions portant sur "l'internet et l'au delà".

J’ai longtemps hésité sur la manière de nommer la chose qui m'occupait.
Hommage ? Honneur ? Eloge ?

La connotation féodale de l’hommage qui lie le vassal et le seigneur, était bien peu appropriée pour exprimer le genre de dette que nous aimions à contracter. L’éloge, trop professionnel, me paraissait interdit, n’étant pas de l’académie des maternelles. Bien que de connotation généralement militaire, l’honneur aurait pu convenir au petit soldat de la vie qu'elle fut.

En définitive, j’ai préféré ouvrir ces pages à sa mémoire et à sa gloire.
A sa mémoire, oui ! Et à sa gloire, aussi ! Car la gloire aide à lutter contre l'oubli.

Chacun de nous, humble ou puissant, vit dans son existence une part de gloire et de lumière, et il appartient à chacun de les percevoir. Il y a de la noblesse, il y a de la gloire et il y a de l'héroisme chez tous les humains, y compris chez les plus humbles d'entre eux, dans leur combat pour la vie, réduit parfois à celui pour la survie.

La gloire n’est ni affaire d’argent, ni de pouvoir, pas plus que de brillance, toutes choses qui dévalorisent tout ce dont elles ne sont pas la mesure.
Elle n’a rien à voir avec l’importance des puissants qui ne rayonnent bien souvent que de l’importance qu’ils se donnent, c’est à dire du futile, et dans les temps qui courent, de toutes les déclinaisons possibles de la cupidité.

La gloire est affaire de rayonnement, d'écoute, et de mémoire.

Rappelez vous celle des pendus si bien contée par François Villon.

Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les cuers contre nous endurciz,
Car, se pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tost de vous merciz.

Paul Faiche - Mai 2009